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“NOCES DE LUMIÈRES” OLIVER JORDAN – QUAND LA RÉALITÉ DEVIENT PALPABLE

“C’est le pinceau qui sauve le monde du chaos”

Albert Camus, l’Algérie et la Mer Méditerranée ont été de véritables sources d’inspiration pour l’artiste Oliver Jordan depuis plus de 30 ans. Samedi 28 septembre et à l’occasion du centenaire d’Albert Camus, le Grand Théâtre de Provence à Aix-en-Provence ouvre ces portes à quinze de ces oeuvres.

Oliver

Selon Oliver Jordan, il semble qu’il y ait peu d’endroits qui symbolisent avec autant de force le leitmotiv propre à Camus « la lumière intense, le soleil, la luminosité de la Méditerranée ».

La fille d’Albert Camus, Catherine Camus, se montre profondément touchée par la peinture d’Oliver Jordan. Elle y voit la même force et la même vitalité que celles présentes dans l’oeuvre de son père. De leur rencontre est née l’idée d’une exposition pour célébrer le centenaire d’Albert Camus dans le cadre de Marseille-Provence 2013, Capitale Européenne de la Culture.

Cette exposition itinérante voyagera également vers différents musées d’Allemagne.
Oliver Jordan (né en 1958 à Essen, en Allemagne) est l’un des représentants allemands de l’art contemporain. Son style se situe entre abstraction et figuration, réalisme et expressionnisme.

« …La peinture de Jordan nous entraîne bien plus loin que le réalisme photographique, et si l’on contemple ses tableaux, on est en mesure d’appréhender le voyage que l’artiste a entrepris jusqu’à leur achèvement … on est saisi d’admiration, mais aussi de vertige en imaginant le temps, la force et le nombre incalculable de tubes qu’il aura fallu au peintre… Son processus de création ouvre de nouveaux espaces de vision ». Andreas Blühm, Directeur du Musée de Groningen (Pays-Bas).

Jordan

En effet, de son atelier à Cologne ou encore de son atelier de bord de mer breton, Oliver Jordan réalise des portraits d’une réalité et d’une émotion fascinante, de Socrate à Adenauer en passant par Karl Marx, Mick Jagger et Bob Dylan.

L’exposition en hommage à Albert Camus promet d’être une très grande réussite.
Eric Andersen interprètera également des chansons et des textes qu’il a spécialement écrits pour le 100e anniversaire d’Albert Camus et pour l’exposition d’Oliver Jordan. Il est accompagné par Inge
Andersen et le violoniste Michele Gazich.

 

Oliver Jordan

Vernissage de l’exposition : le samedi 28 septembre à 12h.

Concert autour de l’exposition avec Eric Andersen au Grand Théâtre de Provence, le 28 septembre, à 14h.

“Celui qui se laisse transporter par la peinture d’Oliver Jordan prend part à un processus de décélération et en même temps découvre une nouvelle définition du Réalisme dans la peinture contemporaine”

By Charlotte-India

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Au pays du sang et du miel : Angelina Jolie à la barre

Article publié sur Cafebabel.com le 24/02/12

Ni une nouvelle Lara Croft ni un remake de Mr &Mrs Smith. Mercredi dernier, c’est un film sur une guerre oubliée que présentait Angelina Jolie en tant que réalisatrice. Alors qu’est-ce que nous a fait Angie ? Un drame romantique Bosnien à la sauce hollywoodienne ou le véritable révélateur d’une situation passée (trop) inaperçue ?

« J’avais envie de pleurer en voyant la réaction du public. » Angelina Jolie, tout émue, lors d’une interview de la BBC, le soir de la première d’Au pays du sang et du miel. Une entrevue au cours de laquelle elle déclare que le projet cinématographique est simplement né d’un besoin de savoir, de s’instruire dont elle n’avait pas forcément envie de parler. Ambassadrice des Nations Unies et titulaire d’un rôle influent pour les droits des femmes et des enfants, elle ne savait en effet pas à quoi s’attendre quand elle a proposé un long-métrage ayant pour sujet une guerre qui n’a pas 20 ans. En plein conflit serbo-bosnien, Jolie raconte l’histoire d’amour entre Ajla (Zana Marjanovic), une bosniaque-musulmane faite prisonnière et Danijel (Goran Kostic), un Serbe bosnien, officier dans l’armée, dans le Sarajevo des années 90. Au cœur d’un camp dans lequel les agressions sexuelles sont systématiques et le manque d’humanité bouleversant, cet amour impossible se fera le symbole d’une opposition violente qui s’est déroulée entre 1992 et 1995.

“Pauvre petite chose”

Loin des magazines people, les débuts d’Angelina Jolie en tant que réalisatrice traduisent à la fois un effort de recherche substantiel et une grande force de conviction dans un film qui a le mérite de s’affranchir de toute vérité moralisatrice. Le souci de mettre en avant des acteurs locaux dont la langue est respectée délivre, par ailleurs, le sujet de tout carcan hollywoodien. « Un combat de cœur » pour Angelina Jolie mais aussi la raison pour laquelle il était important à ses yeux de garder le scénario anonyme dès le début du projet. L’objectif étant de ne pas influencer les comédiens qui ont tous exprimé leur étonnement face à des scènes qui paraissaient si authentiques alors qu’elles étaient écrites par une actrice américaine, bien loin de la Bosnie à l’époque (elle avait 17 ans, ndlr). L’étonnement s’est d’ailleurs propagé parmi toute la population de Budapest où la famille Pitt-Jolie avait élu domicile pendant le tournage.Les questions vis à vis du conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde guerre mondiale (environ 100 000 morts selon le Centre de documentation et de recherche de Sarajevo, , ndlr) restent ouvertes .Les blessures sont encore trop fraîches pour parler d’une réconciliation mais malgré les critiques, ce film se présente presque comme un devoir de mémoire selon lequel les Serbes sont les grands méchants loups. Angelina Jolie n’a pas hésité à remuer le couteau dans le passé et s’est directement attirée les foudres de nombreux internautes serbes qui l’ont accusé de partialité dans les termes du conflit. Ces derniers ont carrément crée une page Facebook anti-Angelina Jolie pendant que la star serbe, Emir Kusturica, taxait l’actrice américaine de « pauvre petite chose ». Pas de réponse de la part de l’intéressée si ce n’est un laconique lors de l’émission du Grand Journal de Canal + : « Sebrenica c’est une réalité. Je comprends que c’est un sujet sensible. Mais ce n’est pas un documentaire. » Point barre.

Un ton subtilement manichéen

Il est vrai que le film fait référence aux événements qui ont mené à la guerre comme le référendum de 1992, boycotté par les Serbes qui refusaient de devenir une minorité dans leur propre pays ainsi qu’à l’initiative armée des nationalistes serbes de Bosnie. Sur un ton subtilement manichéen, il est tout aussi vrai que l’histoire simplifie et oublie parfois quelques réalités telles que l’appui de la mouvance islamiste en faveur des musulmans bosniaque ou, plus simplement, les ressemblances entre agresseurs et agressés. Les menaces qu’elle a reçues suite à la sortie du film montrent bien qu’il est difficile d’accepter les faits surtout quand ils sont racontés par une personne extérieure , qui plus est actrice hollywoodienne, et parangon du star-system.

Dans Au pays du sang et du miel, il s’agit tout de même de diffuser au plus grande nombre ce que nous avons essayé d’ignorer des années durant. Le cinéma, surtout quand il s’attache à des sujets sensibles a ceci d’important qu’il contribue souvent à des actes de repentance. C’est dans cette logique que l’acteur principal du film, Goran Kostic, a affirmé : « ce qu’il s’est passé sur le film prouve que la réconciliation est possible »

« Je veux qu’on se souvienne de la Bosnie, je veux qu’on se souvienne de ce qu’il s’est passé, je veux qu’on fasse preuve de respect pour toutes les personnes qui ont survécu et qu’on se souvienne qu’aujourd’hui ce pays a encore un long processus de guérison devant lui » Angelina Jolie

Photos : Une et texte © courtoisie du site allocine.fr ; Vidéo : Filmsactu/YouTube

PAR CHARLOTTE-INDIA MOORE